chambre d'hôtel

Publié le par Michel Cerf

Chambre 25

 

J’ai suivi la femme de ménage elle voulait me montrer la chambre. Elle est muette et il semble qu'elle ait remarqué quelque chose d’extraordinaire. Quand la porte s’ouvre le contre-jour, j’ai tout de suite vu qu’une fenêtre était ouverte sur la rue. Les bruits des boutiques et des échoppes, une odeur de rôtisserie, de pâtisserie emplissait la chambre et je distinguais le miroir. Sa forme ovale me sauta aux yeux car tout me semblait géométrique dans cet intérieur, même le lavabo que j’apercevais à droite, de profil au pied du lit. Elle me montra les vêtements d’un homme dans le placard. J’étais intrigué. Vraisemblablement c'était un voyageur car, sur la grille à bagages, se trouvait un sac et une valise. Un manteau, une veste, une chemise blanche étaient suspendues à un cintre. Une impression de sobriété ".

Le voyageur ne passerait là pas plus d’une nuit ou deux.

Sur le lit était déposé un pyjama. Drap blanc, papier peint à motif floral, le pli de la veste de pyjama indiquait seulement que le temps avait du manquer à son propriétaire à l’homme, pour ranger son vêtement de nuit sous l’oreiller. Par contre je découvris un magazine " Time " et le Herald Tribune posés de chaque côte d'un cendrier qu’on avait oublié de vider. L’homme devait être anglais, ou américain en tout cas, très probablement anglophone. Nous nous approchâmes alors du lavabo. Il était bleu, quelconque, mais le peigne qui avait été oublié là, près du robinet d’eau froide, donnait l’impression, encore une fois, que le client de l’hôtel était parti en vitesse pour un rendez-vous. Un poète ou un artiste sans doute, un esthète, si j’en jugeais par la photo de Venise, la photo du grand canal, avec ses gondoles, semblait-il, collée sur son carnet de bord ou son journal intime. Un professeur peut-être, la femme de ménage ouvrit un tiroir mais, quand j’aperçus le slip blanc tout au fond, déplié sur le papier à fleurs, je détournai la tête. Le regard inexpressif de la femme m’intriguait et, après avoir jeté un coup d’œil sur le contenu de la poubelle : une pomme et des coquilles d’œuf, nous sortîmes de la chambre et ayant refermé soigneusement la porte, la femme de ménage m'offrit un café (voir sa chabmre avec la cafetière à l'hôtel). Décidément, je ne voyais pas où cette femme voulait en venir mais ce n’est pas son regard inexpressif qui me dérangeait le plus, ce n’est pas son air non,  mais ma curiosité était piquée au vif. Au fait, où voulait-elle en venir ? chez-N-zor---et-Schiller-005.jpg

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Publié dans littérature

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